Le Wushu ou l'art de l'équilibre

Le terme wushu est apparu au alentour du 5ème siècle et fut officialisé par la suite en République de Chine afin de désigner l'ensemble des arts martiaux Chinois.

Le mot wushu (武术) est composé de deux caractères, le premier, wu (武), qui veut dire « guerre » et le deuxième, shu (术), qui veut dire « art ». Ainsi le wushu ce traduit donc par « Art de la Guerre ».

Cet Art de la Guerre fut de tout temps un art primordial dans le développement de notre monde et fut pratiqué au sein de toute les pays; en Chine le wushu joua un rôle très important dans son Histoire et en fut même souvent un point crucial.

A cette époque, le wushu était constitué d'une multitude de techniques mélangées afin de lui donner plus d'efficacité, de puissance et d'ampleur dans son application militaire lors des combats. En ce temps là le wushu était un ART véritablement complet destiné à vaincre en temps de guerre. Les différents aspect qui composaient alors le wushu n'étaient pas destinés à tous les combattants, il se divisait souvent en une partie visant l'entraînement personnel d'un soldat, et une autre réservée à l'élite du commandement des armées.

L'entraînement du soldat consistait dans l'étude et la pratique de :

  • La vertu Martiale (Wude)
  • L'entraînement des techniques Martiale incluait :
    • La lutte (Shuai Jiao)
    • La boxe (Quanfa)
    • Les coups de pied
    • Les armes (Shi Ba Ban Wuyi)
    • Les méthodes de renforcement (Gongfa)
    • La cavalerie (art de monter a cheval et de les dresser)
    • La médecine (art de soigner les blessures)
    • La Natation
    • L'escalade

L'entraînement réservé à l'élite du commandement des armées consistait dans l'étude de :

  • La stratégie
  • La cartographie
  • La géopolitique
  • L'art de commander aux troupes
  • L'espionnage
  • Les mathématiques
  • La cryptographie
  • La prédiction météorologique
  • La navigation
  • L'approvisionnement
  • Les phénomènes célestes

La Forêt des styles

Sous la dynastie des Ming, (1368-1644), le wushu se diversifia, et une multitude d'écoles nommées "Men Pai"commencèrent à apparaître, toutes développant la technique de boxe à mains nues dans de nombreuses variantes et styles (shi) différents, et ce jusque sous la dynastie des Qing (1644-1911). C'est à cette époque que le wushu ce codifia et prit ses points d'appui, formant les styles les plus réputés. Les fondateurs de ces écoles transmirent leurs sciences dont certaines parvinrent jusqu'à nous.

La forêt des styles (Wulin) née de la recherche et de la pratique assidue de chercheurs héritiers de l'Art ancestrale du wushu, ainsi que d'innovateurs créant de nouvelles méthodes de combat et de défense, est constituée de plus de 400 styles.

Voici une liste des écoles les plus connues :

  • Bagua Quan (boxe des Huit trigrammes)
  • Bagua Zhang (paume des Huit trigrammes)
  • Baimei Quan (boxe du taoïste Baimei)
  • Baji Quan (boxe des Huit directions)
  • Bei Shaolin Quan (boxe Shaolin du Nord)
  • Caijia Quan (boxe de la famille Cai)
  • Cailifo Quan (boxe Cailifo)
  • Changjia Quan (boxe de la famille Chang)
  • Chang Quan (boxe à longue distance)
  • Cha Quan (boxe Cha)
  • Chuojiao (pieds transperçants)
  • Dabei Quan (boxe de la Grande compassion)
  • Dazu Quan (boxe du Grand Vénérable)
  • Ditang Quan (boxe en s'allongeant sur le sol)
  • Duan Da (Combat court)
  • Emei Quan (boxe du mont Emei)
  • Fanzi Quan (boxe des retournements)
  • Fojia Quan (boxe bouddhiste)
  • Fujian Nanquan (boxe du sud, de la province du Fujian)
  • Gongli Quan (boxe de la force (jaillissant) de l'arc)
  • Gou Quan (boxe du chien)
  • Guandong Nanquan (boxe du sud de la province du Guandong)
  • He Quan (boxe de la Grue)
  • Hongjia Quan (boxe de la famille hong)
  • Hong Quan (la boxe rouge)
  • Hongtong Tongbei Quan (boxe du Dos traversé de Hongtong)
  • Hua Quan (boxe du mont Hua)
  • Huxing Quan (boxe de la forme du tigre)
  • Lijia Quan (Boxe de la famille Li)
  • Liuhe Quan (boxe des six coordinations)
  • Liujia Quan (boxe de la famille Liu)
  • Long Quan (boxe du Dragon)
  • Luohan Quan (boxe des Arhats)
  • Meihua Quan (boxe de la Fleur de prunier)
  • Mingtang Quan (boxe Mingtang)
  • Mizong Quan (boxe de l'ancêtre secret)
  • Mojia Quan (boxe de la famille Mo)
  • Nan Quan (boxe du Sud)
  • Neijia Quan (boxe de l'école interne)
  • Shaolin Quan (boxe de Shaolin)
  • She Quan (boxe du Serpent)
  • Taiji Quan (boxe du Faîte suprême)
  • Tanglang Quan (boxe de la Mante religieuse)
  • Tantui (la jambe projectile)
  • Wudang Quan (boxe Wudang)
  • Xingyi Quan (boxe de la Forme de la pensée)
  • Yi Quan (boxe de l'intention)
  • Yingzhua Quan (boxe des Serres d'aigle)

Il en existe, bien sûr, beaucoup d'autres...



Entraînement du Nan Quan au Cercle du Dragon

L'art externe et l'art interne

L'histoire du Wushu est grande, elle a ces héros, ces grand Maîtres, ces histoires fabuleuses et ses légendes. Il serait, ici, dans un Manuel d'informations, impossible d'en faire la rédaction.

Que ceux qui désir en savoir plus se réfèrent à la bibliographie que je donne à la fin de ce manuel.

Depuis l'époque Ming, le Wushu se sépare en deux grandes Écoles, la première, Waijia, « École externe », et la deuxième, Neijia, « École interne ».

L'école Waijia inclus toutes les écoles dont la pratique se fonde sur le « travail externe », Waigong, c'est-à-dire le développement des aptitudes physiques du pratiquant, ainsi le travail mettra l'accent sur la force, la rapidité, l'attaque etc. Ce courant est largement représenté par le Shaolin Quan du monastère de Shaolin.

Exemple :

  • Nan Quan (boxe du Sud)
  • Shaolin Quan (boxe de Shaolin)
  • Chang Quan (boxe à longue distance)

L'école Neijia inclus toutes les écoles dont la pratique ce fonde sur le « travail interne », Neigong, c'est-à-dire le développement des aptitudes internes du pratiquant ; le travail mettra l'accent sur la respiration, la tranquillité dans les mouvements, l'application de mouvements de préférence circulaires, et la défense etc. Ce courant est largement représenté par le Wudang Quan du Mont Wudang.

Exemple :

  • Taiji Quan (boxe du Faîte suprême)
  • Wudang Quan (boxe Wudang)
  • Xing yi Quan (boxe de la Forme de la pensée)

La pratique régulière du Wushu a des effets bénéfiques sur les muscles, les tendons, les os, ainsi que sur la respiration, le cardio-vasculaire et le système nerveux.

La pratique du Wushu ne peut être séparé de l'étroite relation qu'il entretient avec sa philosophie, ainsi tous les Men Pai ont pour base :

Yin-Yang : Le principe du Yin-Yang est le fondement même du Wu Shu, car le pratiquant qui désire attendre la perfection dans sa pratique devra avant tout chercher l'équilibre parfait entre ces deux notions.

Graphiquement le principe Yin-Yang figure les deux grandes forces de l'Univers : clair - obscur, négatif - positif, mâle - femelle, etc.

L'erreur à ne pas commettre serait de considérer ce symbole comme une forme de dualisme, engendrant un combat. Au contraire, il faut le voir comme le principe de deux forces complémentaires, interagissant dans un équilibre parfait et en toute égalité, symbole de l' « Unité » du principe suprême, le Tao.

Les Trois Trésors: le Jing (l'essence), le Chi ou Qi (l'énergie interne), et le Shen (l'esprit).

Les « cinq éléments », Wu Xing : La théorie des cinq éléments explique la vie terrestre, décrit la succession des saisons ainsi que l'organisation de l'Univers où le temps et l'espace sont indissociables. Tout ce qui est valable au sein du macrocosme, l'Univers, l'est aussi au sein du microcosme, l'humain.

Le Wushu a aussi été fortement influencé par trois courants principaux de pensée, le Taoïsme, daojiao, le Bouddhisme, fojiao, et le Confucianisme, rujiao.

Dans sa pratique, le Wushu, se décompose en deux parties.

La première concerne l'apprentissage des enchaînements de mouvements codifiés appelés taolu, qui comprend l'étude des positions de base, des techniques pied poing, ainsi qu'avec armes (sabre, épée, batôn, lance, etc.). Certaines écoles y incluent le travail des acrobaties.

La deuxième partie concerne la mise en pratique des techniques apprises par l'étude de combat, pratiquée avec protections, le Sanda, sanshou. Ainsi que l'étude du Tuishou, « Poussées de mains », les duels aux armes, et de nombreuses chorégraphies de combats imaginaires, etc.

Aujourd'hui, l'étude du Wushu est destinée à promouvoir la santé, à élever l'esprit, ainsi qu'à préserver la vie.

© Marcos Drake – Cercle du Dragon

Texte tiré du Livre : Introduction au Wushu de Marcos Drake, Ed. Jing Wu

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